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L’Irlande appelle à l’aide !

0J’avais déjà eu vent de l’ouverture de ces nouvelles voies aériennes, sans réellement m’y intéresser plus que de raison. Les longs trajets figés sur un balai de course n’ont jamais été ma tasse de thé. Mes départs d’Angleterre pour rejoindre ces Terres indépendantes ne s’étaient jamais faits qu’en transplanant, ou en prenant le ferry, comme le font beaucoup de Moldus. Mais sans surprise, mon amie avait sauté sur l’occasion pour entamer un énième voyage sur sa Comète, et je n’ai pu me résoudre à la retenir. Au vue des derniers événements, je regrette de ne pas l’avoir fait tant qu’il était encore temps, mais je suppose qu’il aurait été difficile pour moi de prévoir une telle chose. De nous y préparer. D’y faire face.

Souvent je vous envie. Etes-vous toujours dans l’ignorance ? A milles lieues de vous douter de ce qui se joue de l’autre côté de notre mer ? Ça me paraît fou. Pourtant ça a aussi été mon cas, avant que la dernière lettre de ma moitié ne me parvienne. Pour des raisons évidentes de pudeur je ne me permettrais pas de l’envoyer, puisque je garde l’espoir que mes mots seront lus par l’Angleterre. Mais sachez que ses paroles faites d’encre auront suffit à me glacer le sang.

Je sais que la moitié d’entre-vous me prendra pour un fou, et l’autre moitié pensera sûrement lire un récit inventé de toutes pièces pour distraire les plus petits.

Mais peut-être que parmi vous apparaîtrons des gens qui me viendront en aide.

Je ne sais à quoi l’Irlande est réellement en proie. Je ne pourrais mettre des mots sur ce qui s’y passe. Je suis un étranger, et on m’a traité comme tel, en me priant de retourner d’ou je venais, malgré mes supplications. J’ai croisé des gens apeurés, des visages blêmes, des enfants effrayés, et des hommes dont la vie avait quitté les pupilles, avant que des rues entières ne se vident, là-bas. Des maisons semblent avoir disparues. L’air est devenu glacé, il torture la peau, il malmène l’esprit. Je ne sais si les villes moldues souffrent du même mal, mais là ou les sorciers passent, le temps semble s’être cruellement figé. Mais devais-je m’inquiéter de la présence d’étranges décorations de Halloween face à la disparition évidente d’un être cher dans un lieu victime d’une anémie si violente?

J’ai marché.

« Il y a des monstres… » m’a finalement expliqué Siobhan Brechenrigde, une drôle de bonne femme à laquelle je n’aurai donné aucun crédit si elle n’avait pas été la seule à vouloir m’adresser la parole.

Mais les choses étant ce qu’elles sont, comment lui rire au nez. Alors je l’ai écouté.
Elle m’a servi un thé qui a pris une étrange couleur ocre, et elle s’est assise en jouant avec un de ses grigris. D’abord, à cause de son accent, je n’ai pas saisit la teneur de tous ses mots. Mais je pense que son air grave et résigné aura suffit à m’illustrer les plus sombres paroles.

« Des monstres… Ils sont venus danser chez nous…. » a t-elle dit avec difficultés.

Le souffle lui manquait. Mais ma plume à papote a fait son travail.

« Oh, ils viennent tous les ans…  Il leur arrivent de rester plus longtemps que nécessaire… et alors…. alors nous trouvons un moyen de les faire taire… Ils finissent toujours par rentrer chez eux…Toujours… Le monde des hommes ne leur plaît pas, je crois… »

Elle buvait son thé comme s’il s’était s’agit du breuvage le plus infect qui lui eut été donné de boire. Chaque gorgée était ponctuée par une grimace, et je n’ai pu me résoudre à porter ma tasse à mes lèvres, persuadé que la fermière allait se transformer en un de ces monstres dont elle me comptait l’histoire.

« Quelque chose… Quelque chose a changé mon garçon… Quelque chose les retient… Ils appellent les Hommes inlassablement…. »

« Et que veulent-ils ? » ai-je demandé.

« Ce qu’ils veulent… ? Oh, je ne sais pas, je ne sais pas. Ceux qui sont allés à leur rencontre mon garçon… Ceux là, ils ne sont pas revenus… »

Elle a secoué la tête, et a terminé sa tasse de thé avant d’être prise par une violente quinte de toux.

Je ne sais quel mal ronge l’Irlande. Ni ou se trouve mon amie. Ni si les dires de cette drôle de femme que je ne peux qualifier de fiable possèdent une once de vérité. Mais je n’ai rien d’autre que ça à envoyer à l’aveugle, en priant pour que quelqu’un me vienne en aide.
Elle dit que ce qui touche l’Irlande va se répandre. Peu importe qu’il n’y ait pas vraiment de monstres tapis dans l’ombre de ce pays. Les faits sont là.

Quelque chose est en train de se produire, de prendre de l’ampleur, et d’ôter la vie à nos terres voisines. Et je pense que cela nous dépasse tous. Ce sont des forces qui nous sont supérieures qui agissent en ce moment. Et je n’ose imaginer ce que cela pourrait signifier pour le monde des sorciers si personne ne fait quelque chose. Les mots « ténèbres » et « mangemorts » sont murmurés au coin des rues, rappelant une époque trop sombre, trop effrayante. Comment savoir si un Mage Noir n’a pas (re)fait surface. Comment savoir si ce n’est pas quelque chose de pire. Ils disent qu’ils ne veulent pas de nous, de notre aide. Certains chantent le soir pour repousser l’obscurité, mais des chants plus forts encore, qui ne peuvent sortir de gorges d’hommes prennent le dessus sur les autres sons. Parfois je jure sentir le sol trembler avant de m’endormir. Et il me semble que les jours raccourcissent, encore, encore, et encore, et que la lumière du soleil n’est plus aussi forte que lors de mon arrivée.

L’Angleterre se doit d’intervenir.

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